Mardi 4 septembre 2007 2 04 /09 /Sep /2007 12:31
La première chose que l'on rencontre en Chine, c'est l'administration. Non pas en tant que  monstre tentaculaire froid et malsain, mais à travers ses diverses représentations, toutes humaines. Elle est pourtant moins rigide que l'on ne voudrait le croire, car partout en Chine, avec l'administration ou les vendeurs, tout se marchande.

A mon arrivée à l'Université, mes amis, qui s'étaient installés depuis plus d'une semaine, m'ont mis en garde contre l'administration: pour avoir une chambre sur le campus, il fallait que je tente de négocier en chinois de nombreuses fois. Tout d'abord rétifs à l'idée de donner une chambre, ils cédaient devant la persistance des incantations de pauvres étudiants sachant à peine baraguiner le mandarin. Fort de ces conseils avisés, je partais confiant, et espérait me retrouver dans mon nid douillet (pas le mec qui fait du judo) le soir même.

Pourtant, une fois arrivé devant eux, tout espoir sembla me quitter. Il n'y avait rien à faire devant les deux inflexibles personnes qui se tenaient devant moi, qui souriaient de me voir leur raconter mon malheur ("我没有地图睡眠"). "Plus de places" disaient-ils, à moi et aux dizaines d'autres étudiants qui comme moi attendaient leur tour. Je sortis de là la mine déconfite. Grâce à la persevérance d'Arnaud (que son nom soit béni), je retentais le coup, en amenant d'autres personnes qui parlaient chinois, des professeurs ou des personnes de l'administration. Mais rien à faire, toujours pas de place. L'administration infléxible avait eu raison de moi.

Le troisième jour, je jetais mes dernières forces dans la bataille. Arrivé à 8 heures, j'espérais secrètement que l'administration en ait assez de me voir les supplier une chambre. Pourtant, toujours le même refrain, pas de place. Une lueur d'espoir pourtant, il me dirent de revenir le soir même. Peut être auraient-ils des désistements, mystère. Pourtant, 2 heures plus tard, je retentais le coup, poussé par Arnaud (que sa progéniture soit bénie jusqu'à la septième génération). Cette fois-ci, je pris un air résolument deséspéré. Etalant tous mes papiers sur la table, sortant les 5000 yuans nécessaires à la location semestriel de la chambre, je leur supplier de me donner la clé tant convoitée, arguant que je devrait dormir dans la rue, mon chinois ne me permettant pas de louer une chambre. Pris de pitié (ou de fatigue?), ils sortirent une clé du tiroir et me remplir les feuilles nécessaires à la location de la chambre. Un énorme soulagement s'empara de moi. Et je compris.

Oui, j'ai compris. L'administration chinoise, et le pays tout entier, est éminement dialectique dans son essence même. Il ne faudrait pourtant pas mettre cela sur le compte d'un marxisme vulgaire, mais bien sur une orientation millénaire qu'à pris la Chine. Il faut passer par une phase de négation de soi pour enfin accéder à la positivité de l'étant, dans toute sa splendeur. Seul le chemin laborieux mène au succès, car il est fait de renoncement, de doute et de négation.
Par Nath
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